Ugo de Wilde en F4 française: en monoplace à 14 ans!

Après quelques saisons très prometteuses en karting, le jeune Bruxellois Ugo de Wilde franchit le pas un an plus tôt que prévu. A 14 ans, il s’attaque à la F4 française, par laquelle sont passés avant lui de nombreux champions, dont Stoffel Vandoorne. Notre compatriote sera ainsi cette année le plus jeune pilote de monoplace au monde!

A toute chose malheur est bon. Après plusieurs succès et titres très précoces en Belgique dans les catégories ‘Mini’ et ‘Junior’, puis deux saisons au niveau international, Ugo de Wilde voulait viser cette année un titre de haut niveau en karting. Un changement de règlement a perturbé ses plans…

« La CIK a subitement décidé de modifier les catégories d’âges, sans préavis, me privant – à un mois près – d’une dernière saison en karting qui aurait dû être celle de la consécration en Junior, » explique le jeune Bruxellois. « Et le championnat ‘OK’, très coûteux, reste principalement la chasse gardée des pilotes d’usine restant en karting. En kart, il manque aujourd’hui un véritable tremplin pour les jeunes entre 14 et 18 ans. Avec papa, nous avons donc réfléchi à mon avenir sportif et, après des tests concluants, nous avons décidé d’anticiper mes débuts en monoplace. »

Ugo s’est tourné vers la F4 française, rebaptisée FFSA Academy, seul championnat européen en monoplace à autoriser des pilotes de 14 ans au départ. Un championnat qui a déjà souri à plusieurs Belges, tels Benjamin Bailly en 2009, Gilles Magnus, vice-champion l’an dernier, et surtout Stoffel Vandoorne en 2010.

« Stoffel avait été sacré à 18 ans, » poursuit Ugo. « J’en ai quatre de moins. Mais après cinq journées d’essais en F4, à Zolder, à La Bresse et au Mans, je me sens déjà à l’aise. La F4 n’a rien à voir avec le kart au niveau pilotage. Il faut s’habituer au poids, au transfert de masse. Le plus important est le freinage. Mais à chaque séance je progresse. Lors de ma dernière session dans la Sarthe, j’ai d’ailleurs signé un encourageant chrono, pas loin du tout du meilleur temps d’un pilote qui en est à sa 2ème saison et connaît le circuit par cœur. »

La FFSA Academy propose pas mal d’avantages comme du matériel identique pour tous avec des châssis Signatech propulsés par des moteurs Renault de 160 ch. Et cette saison, avec de nouveaux appendices aérodynamiques et un extracteur arrière, la monoplace ressemble davantage à une petite F3 et a déjà gagné plus de deux secondes au tour sur le Mans.

« C’est une école avec des stages où on apprend toutes les ficelles du métier de pilote. Pour réussir une carrière, il faut bien plus de qualités que savoir manier un volant. La vingtaine d’académiciens attendue se battra avec du matériel identique. Les meilleurs seront devant, » explique papa Olivier. « Je dois avouer qu’il m’a impressionné lors des essais. Par son approche méthodique, son calme et surtout sa régularité. Il a bouclé 650 km en deux jours au Mans sans commettre la moindre faute, en progressant à chaque séance. Comme il a été très vite dans le coup sur le plan chronométrique, nous avons donc remué ciel et terre pour lui permettre de disputer sa première saison à ce niveau. Vu qu’il faut 15 ans dans l’année pour obtenir une licence et qu’il les fêtera le 20 novembre, il sera sans doute le plus jeune pilote de monoplace au monde cette année. »

© DR

Dans ce contexte, Ugo n’a pas de raison d’être pressé. Il peut poursuivre sa carrière sans tenter de brûler les étapes.

« L’objectif est simple, » reprend Ugo, qui revient d’une semaine de stage physique en Italie avec l’entraîneur du team Toyota WEC et de l’écurie Haas F1. « Une année pour apprendre et l’autre pour tenter de remporter la couronne à 15 ans, et ainsi décrocher les 100.000 euros de bourse et surtout intégrer la filière Renault F1. Pour 2017, on serait déjà très heureux avec le titre de meilleur rookie et/ou de meilleur Junior (moins de 16 ans au 13 avril) plus peut-être quelques podiums en fin de saison. Ma jeunesse ne devrait pas être un handicap. J’ai souvent été le plus jeune dans toutes les catégories de karting et cela ne m’a jamais posé de problème de rouler face à des pilotes plus âgés et expérimentés. Au contraire, c’est comme cela qu’on apprend le plus. Je remercie toutes les personnes qui m’ont permis d’en arriver là! »

Le championnat de F4 débutera le week-end du 16 avril à Nogaro lors des traditionnelles Coupes de Pâques, puis passera par plusieurs grands circuits, dont Francorchamps (dans le cadre de Spa Euro Race), mi-juin.

« J’y roulerai avant cela, » révèle Ugo. « Il me reste un gros mois pour me préparer au mieux. La semaine prochaine, je serai en stage au Mans à la FFSA Academy. Ensuite, deux ou trois jours d’essais sont encore prévus sur des circuits du championnat, notamment à Francorchamps, » conclut-il plein de confiance.

Outre Stoffel Vandoorne, plusieurs grands pilotes ont débuté leur carrière par l’académie française: l’ex-pilote F1 Jean-Eric Vergne, le dernier champion de GP2 Pierre Gasly, ainsi que des références en endurance comme Romain Dumas, Loïc Duval, Marcel Fässler, Stéphane Sarrazin et Benoît Tréluyer. Gageons que Ugo pourra marcher, ou plutôt rouler, sur leurs traces.

2018-05-31T16:13:46+00:00